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Bernard Hœpffner a disparu depuis le 7 mai au pays de Galles. Un hommage lui sera rendu, mercredi 7 juin, à la Maison de la Poésie à Paris.

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30/11/00-1

 


Nous avons souhaité partager avec vous ces extraits de l'article du 27/05 de Florence Noiville DANS LE MONDE DES LIVRES, que nous vous invitons à consulter en cliquant sur le lien ci-dessous:

"De Jacques Amyot (1513-1593), qu’il admirait sans réserve, Bernard Hœpffner disait qu’il fut le premier véritable « traducteur français ». « Avant lui, s’il y avait des traductions, il n’y avait pas vraiment de “traducteurs” », écrivait-il dans un texte intitulé Traducteurs extraordinaires :
« Marot, dans l’un de ses poèmes, fait l’éloge d’un “gentil traduysant”, dans un autre, d’un “translateur” ; mais c’est au XVIe siècle qu’apparaît un personnage nouveau qui n’est plus seulement une personne qui traduit, mais un traducteur qui fait œuvre ».
Un traducteur qui « fait œuvre » : la formule ne saurait mieux s’appliquer à Bernard Hœpffner.

Après des études d'architecture, il travaille en Grande-Bretagne, comme encadreur et restaurateur d’objets d’Extrême-Orient . 
Puis il est agriculteur aux Canaries, labourant la terre de façon circulaire.
Il enseigne l’anglais et réalise quelques traductions techniques, avant de rencontrer à Lyon Catherine Goffaux, qui cosigne avec lui ses premières traductions littéraires. Après quoi, il vole de ses propres ailes.
Thomas Browne, Gilbert Sorrentino, Seamus Heaney, Elizabeth Bishop, Daniel Vollman, Gabriel Josipovici, Robert Coover …, la liste est longue, ses choix toujours plus ambitieux, ses projets de plus en plus volumineux. Comme pour Anatomie de la mélancolie, de Robert Burton, trois volumes traduits avec Catherine Goffaux, chez José Corti (2000). Ou Ulysse, de James Joyce, retraduit par lui et par un certain nombre d’autres auteurs ou traducteurs sous la direction de Jacques Aubert (Gallimard, 2004). Sans parler de Mark Twain, dans lequel il se jette à corps perdu dès 2008.

Vice-président d’Atlas, l’Association pour la promotion littéraire, il était engagé dans la formation de jeunes traducteurs et dans une réflexion constante sur le fait de traduire. Il voulait « faire comprendre à quel point traduire, c’est écrire, à quel point traduire, c’est faire semblant d’être le double d’un autre ». Et il ajoutait :
« C’est un peu aussi se bourrer le mou, parce que l’on se fait croire qu’on est corps et âme au service d’un autre que soi. »
 

Extrait de l'article du Monde: http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2017/05/27/disparition-du-traducteur-bernard-h-pffner_5134780_3382.html#iYCrk8tsZv78kZdc.99
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